Identikit du bon échographiste

Au cours de nombreuses années, l’échographie est devenue une méthode extrêmement fiable avec un potentiel de diagnostic extrêmement élevé. Certains nouveaux appareils à ultrasons permettent en effet, au moins dans certaines conditions, de détecter des détails anatomiques presque invisibles à l’œil nu. Mais malheureusement, comme pour toutes les belles choses, il y a un inconvénient.

Plus que dans d’autres domaines du diagnostic médical, en fait, les résultats dépendent de l’expérience du médecin qui effectue l’examen et de la puissance du matériel qu’il utilise. En outre, en échographie, on ne voit « ce que l’on cherche attentivement » qu’en déplaçant correctement la sonde qui acquiert les images.

Comment reconnaître un échographiste expérimenté d’un autre moins expérimenté ?

Malheureusement, ce n’est pas facile, je dirais même que c’est très difficile, car il y a tant d’aspects à évaluer. Nous devons commencer étape par étape.

Commençons par dire qu’en réalité, en France, il n’y a pas de spécialisation dans les ultrasons dédiés. Une spécialisation idéalement formulée devrait inclure un certain nombre d’années pour étudier en détail l’anatomie générale, la topographie et l’anatomie sectionnelle, mais aussi et surtout à l’aide de préparations anatomiques, une étude anatomopathologique approfondie, le tout complété par une pratique sans fin des ultrasons « dans la tranchée », c’est-à-dire dans la salle d’échographie mais aussi en clinique. Comme rien de tout cela n’existe pour le moment, le médecin concerné essaie, pendant la phase d’apprentissage, de suivre des cours, des séminaires, de « prier » tel ou tel collègue pour pouvoir assister et participer aux examens d’échographie, etc.

En règle générale, les médecins en radiologie et, en partie, en radiologie d’extraction interne, trouvent naturel de pratiquer des échographies multidisciplinaires (évidemment avec une grande variabilité selon les besoins de l’individu lui-même), alors que les spécialistes des branches plus « sectorielles » ont tendance à ne pratiquer que l’échographie de leur propre spécialité. Et voici le premier « nœud » à défaire…

Quelle est donc la personne la plus apte à effectuer des échographies ?

Les idées sur le sujet, qui sont maintenant nées de près de trente ans d’expérience quasi exclusive dans la méthode des ultrasons et les problèmes connexes, ont mûri après avoir réalisé une infinité de cours et de congrès, en comparant les rapports et les brochures publiés par les spécialistes des différentes extractions, peuvent être résumées comme suit :

  • Il faut bien sûr connaître la clinique de la branche « assistée » par l’échographie et cette compétence s’obtient avec un peu de bonne volonté même en n’étant pas spécialiste dans une branche médicale donnée. Une parfaite connaissance anatomique et anatomo-pathologique des différents quartiers et organes est fondamentale.
  • Extrêmement utile une pratique multidisciplinaire de l’échographie. Dans notre corps, en effet, il n’y a pas de « garde-fous » clairs entre les différents constituants anatomiques. En examinant un rein, en fait un organe anatomique de compétence néphrologique ou internaliste, on peut rencontrer des découvertes pathologiques provenant d’organes et de structures voisines, « prérogative » d’autres spécialités (par exemple l’intestin, le rétropéritoine). Restant dans le domaine gynécologique et fœtal, les structures qui bordent l’utérus et les ovaires, par exemple, sont multiples (uretères, appendice de l’intestin grêle, sigma rectum, etc.). Le fœtus, d’ailleurs, peut être sans l’ombre d’un doute considéré comme une entité internaliste (au sens le plus large du terme), étant composé de tous les organes qui composent l’être humain. En conclusion de ce paragraphe, des cas fœtaux complexes ont pu être résolus grâce à des connaissances multidisciplinaires en échographie…
  • On n’improvise pas… Pour atteindre l' »état de l’art », vous devez consacrer presque toutes vos énergies à la méthode, dès les premiers mois de votre diplôme… un exemple : On ne peut pas devenir un bon danseur en commençant à danser à l’âge de 30 ans ou plus… il faut le faire dès l’enfance… comme activité principale. Il existe un nombre infini de cours d’échographie organisés par des entreprises et des institutions, petites et grandes, dont beaucoup sont d’excellente qualité, d’autres moins. Les qualifications composées de crédits, de cours et autres sont certes des éléments en faveur des compétences, mais elles doivent être considérées dans la bonne perspective. Ils doivent en tout cas être la « proie » de tout jeune « échographiste de bons espoirs et d’ambitions ». Une accréditation sur un sujet donné est relativement facile à obtenir. Elle a sa propre valeur dans la plupart des cas, mais elle ne donne pas la garantie d’une compétence pertinente… aucun cours ne donne en fait cette expérience et ce travail qui est généré mois après mois, année après année… travailler dans la salle d’échographie et lire la littérature mondiale pertinente. Il convient également de noter que certaines accréditations sont délivrées par des sociétés étrangères et ne constituent pas une valeur réelle du titre en France.
  • Publications nationales et internationales surtout lorsqu’elles sont réalisées sous forme de prénom, elles confèrent certainement une valeur et peuvent dans un certain sens être des éléments en faveur des compétences, à quelques exceptions près.
  • La puissance de l’équipement à ultrasons est essentielle, même si, tout comme une machine de formule 1, vous devez être capable de la « conduire ». Bien que les progrès technologiques permettent la production d’échographes abordables et de qualité acceptable, l’écart de qualité d’image et donc de puissance diagnostique entre un appareil haut de gamme et un appareil bon marché est généralement abyssal. Chaque appareil doit également être mis à niveau ou remplacé au plus tard au bout de 5 ans. Bien qu’avec des exceptions évidentes, un technicien en ultrasons « professionnel » fera tout ce qui est en son pouvoir pour utiliser un appareil de première classe. D’autre part, il est extrêmement fréquent qu’un échographiste qui n’utilise la méthode qu’en épilogue d’un examen, se dote d’un matériel à peine suffisant, qu’il soit neuf ou d’occasion.
  • L’échographiste doit clairement identifier l’équipement utilisé et le type d’échographie effectué. Cette dernière précision est malheureusement obligatoire car, dans le domaine fœtal, il y a eu une véritable « scission » entre les échographies de base, considérées comme non diagnostiques ou d’accompagnement, et les échographies diagnostiques de deuxième ou troisième niveau. L’échographiste doit également expliquer les résultats et répondre aux questions de la patiente de manière claire et patiente et préciser clairement le potentiel et les objectifs diagnostiques ainsi que les limites de l’échographie réalisée, en référence aux différentes périodes de gestation. En cas de doute, la patiente doit s’informer des possibilités de diagnostic intégratif, un exemple parmi d’autres, l’échographie en quatre dimensions qui, en plus de fournir souvent des images plus que suggestives du soma fœtal, permet une plus grande précision diagnostique du fœtus dans son ensemble.
  • Public ou privé ? Je crois qu’un bon échographiste peut être un bon échographiste dans le secteur privé comme dans le secteur public.
  • Facteur de coût… Des échographistes de haut niveau, hautement spécialisés et disposant d’un équipement adéquat, ont naturellement un impact économique variable dans les différentes régions de France, une dépense qui peut parfois être partiellement prise en charge par le système national de santé. Il convient toutefois de souligner que des coûts élevés ne sont pas toujours une garantie de qualité.

D’après ce qui a été écrit, il est clair qu’être un très bon clinicien ou chirurgien, être le directeur de telle ou telle clinique ou service prestigieux, être un spécialiste de telle ou telle branche médicale, ne sanctionne pas la compétence en matière d’ultrasons, sauf si ces spécialistes ont consacré leur vie scientifique principalement au diagnostic par ultrasons et à condition qu’ils ne rencontrent pas de vrais gènes (ce qui n’est pas très fréquent) capables d’exceller en tout.

Malheureusement, de nombreuses défaillances attribuées aux ultrasons sont en fait des défaillances du technicien en ultrasons. Faire un mauvais diagnostic (évidemment quand c’est potentiellement faisable…) peut complètement subvertir le processus diagnostique et thérapeutique, donner une fausse tranquillité à la personne ou alarmer inutilement avec des résultats pratiques ou psychologiques parfois catastrophiques.

Je suis conscient que même à la fin de ce document, les difficultés d’identification d’un échographiste valable restent élevées, voire insurmontables. Il est toujours conseillé de se renseigner sur les résultats obtenus « sur la route » par la personne examinée, peut-être les seuls qui reflètent vraiment la valeur d’un médecin échographiste (et pas seulement).

« Etre » et « paraître » dans certains cas peuvent être divisés par un large canyon. Le métier de médecin, et donc aussi celui d’échographiste, exige une multiplicité de compétences (habileté et compétence, passion, éducation, humanité, gentillesse) qui vont au-delà des titres communément acceptés. C’est encore plus vrai dans le domaine des ultrasons où, parfois, la recherche quasi anancastique d’une trouvaille donnée, prérogative de certains types de caractères, peut faire la différence… la précipitation, inversement, peut avoir des effets contraires.

Je terminerai par un exemple : Pour contrôler une pièce en détail, il faut une bonne vue, des conditions d’éclairage adéquates, éventuellement une connaissance préalable de ce qu’il faut chercher et cataloguer, mais aussi et surtout le désir et la patience de regarder. Un détail pourrait être caché dans un petit ravin… pratiquement invisible au premier coup d’œil.

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